dimanche 13 décembre 2009

J'ai tué ma mère





Si certaines mères craignent qu’une relation fusionnelle avec leur fils empêche celui-ci de s’épanouir, la génitrice de Xavier Dolan peut, au moins sur ce point, dormir sur ses deux oreilles. Le réalisateur québécois, tout juste 20 ans au compteur, vient de régler son singulier œdipe en deux coups de cuillères à pot et un premier film au titre sans ambiguïté. Une femme quadragénaire divorcée (Anne Dorval) virant mémère, avec week-ends chez l’esthéticienne, soirées devant la télé et conversation indigente, ne s’intéresse pas vraiment aux tourments adolescents de son fils en plein âge con (Xavier Dolan, impressionnant en explosions hystériques). Disputes incessantes, chicaneries et procès d’intention rythment l’existence du petit couple dans un festival d’amour-répulsion aux dialogues acérés. Si le film est avant tout une comédie (en dépit de la VO québécoise ultrarapide qui rend bienvenu un sous-titrage, même en anglais), Dolan fait preuve d’un sacré métier quand il en prend le contre-pied et, par exemple, balance sans prévenir une séquence silencieuse de passage à tabac homophobe dont il est victime. Un peu moins quand il veut émouvoir la galerie à coups de tendres flash-back en Super 8. A part ça, le beau jeune homme aime bien se filmer de très près en noir et blanc et pratique l’art de la réplique féroce comme un vieux briscard.
(source Libération)

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